juin 1 - 12
Thomas Hauert
Outils pour créer des danses improvisées
Semaine 1, Outils pour l'improvisation en danse
a pour but d'introduire ou de rafraîchir certains des outils de base (exercices, pratiques, partitions, jeux, concepts) du travail de ZOO/Thomas Hauert.
Chaque articulation de notre corps a son amplitude de mouvement et les combinaisons possibles sont innombrables. Le corps possède une grande connaissance pratique qui va bien au-delà de ce que la conscience de l'esprit est capable de traiter. Notre esprit ne peut se concentrer que sur quelques éléments à la fois, tandis que notre corps est capable de combiner une grande quantité d'informations dans un sens de l'orientation fluide et en constante évolution, qui peut servir de capteur pour un mouvement potentiel : l'intuition physique, la créativité qui naît de circonstances essentiellement physiques, aucune pensée consciente n'est nécessairement formée pour inventer un mouvement.
Dans une série progressive de tâches d'improvisation avec un ou plusieurs partenaires, en échangeant des informations sensorielles, en contact ou à distance, nous tirerons parti de ce phénomène pour créer des formes, des rythmes, des qualités de mouvement et des trajectoires bien plus complexes et sophistiquées que celles que notre esprit conscient pourrait inventer. Nous serons guidés hors de nos sentiers battus et les schémas seront déformés ou annulés.
Alors que nous nous exercerons à multiplier et à déconnecter les actions au sein de notre propre corps individuel, un autre chapitre du travail portera sur la connexion du mouvement des individus dans un groupe, la tentative de créer un organisme unique à partir d'un groupe de corps individuels. Nous puiserons dans l'intelligence du collectif, oscillant constamment entre diriger et suivre ou faire les deux en même temps, prenant la responsabilité d'initier ainsi que la responsabilité de jouer son rôle dans le développement des propositions des autres ou des structures inconsciemment émergentes, gardant une vue d'ensemble sur la composition du groupe tout en assumant son rôle à l'intérieur de celui-ci.
Semaine 2, Composer des improvisations individuelles et collectives
se veut un développement des expériences de la semaine 1. Il s'adresse aux personnes qui ont suivi la semaine 1 ou qui ont déjà participé à l'un des ateliers de Thomas. Se concentrer sur la composition tout en improvisant, en façonnant la danse au fur et à mesure qu'elle est inventée.
Dans cette partie de l'atelier, l'accent sera mis sur l'analogie entre le mouvement et la musique. Le lien entre la musique et la danse est ancien et semble évident. C'est comme si les deux étaient des incarnations différentes de notre désir de donner un ordre à notre expérience du temps et de l'espace et qu'il y avait un potentiel créatif infini dans les analogies ainsi que dans les spécificités et les interactions des deux formes. Les musiciens - compositeurs et interprètes - peuvent nous en apprendre beaucoup sur le mouvement en ce qui concerne l'utilisation du rythme, de la synchronisation, de la tension et du relâchement, du contrepoint, etc.
En solo, nous complexifions et coordonnons le mouvement de notre propre corps pour créer un sentiment de polyphonie en son sein. En tant que groupe, comme les musiciens d'un orchestre jouant ensemble un morceau de musique, les danseurs dans un espace peuvent créer une unité en reliant leurs mouvements plutôt qu'en les juxtaposant. Les formes ou les positions dans l'espace peuvent être mises en relation et recevoir les équivalents visuels de l'harmonie ou de la dissonance (connexions verticales sur la ligne du temps). Les danseurs peuvent également créer des connexions faisant référence à des événements passés ou futurs, comme le font les mélodies, les rythmes et les dynamiques en musique (connexions horizontales sur la ligne du temps). Il peut être utile de penser à ces connexions en termes musicaux pour nous aider à trouver des équivalents dans le mouvement, mais ici aussi notre instrument, le corps, et un autre agent souvent sous-estimé : le groupe, se révèlent capables de réaliser des structures de mouvement interconnectées et interactives que nos esprits conscients (individuels) n'auraient jamais pu concevoir. Les structures de groupe interconnectées permettent aux danseurs de créer un sens partagé de la musicalité émergeant de la contribution fragmentée de chacun, à la fois dans le silence et en relation avec une musique audible ou imaginée.
Photos : © Arnaud Beelen